4e HIST Leçon A : Bourgeoisies marchandes, négoces internationaux et traites négrières au XVIIIe siècle
Leçon A : Bourgeoisies marchandes, négoces internationaux et traites négrières au XVIIIe siècle
Introduction:
Compétences travaillées :
- Réaliser une production graphique (un croquis)
- Rédiger un texte organisé (= une dissertation avec une introduction/un développement en 2 ou 3 parties, une conclusion).
- Prouver à l'aide d'un document (présenter, sélectionner puis extraire des informations pertinentes sous forme de chiffres ou de citation)
- S'exprimer à l'oral
- Coopérer (travailler en groupe)
L'ESSENTIEL DU COURS :
I) Le développement du négoce international au XVIIIe siècle
Au XVIIIe siècle, les Européens détiennent de vastes colonies, notamment en Amérique. La France y possède jusqu’en 1763 le Québec et la Louisiane, elle ne parvient ensuite qu’à conserver les Antilles (îles à sucre).
Pour développer le commerce transatlantique (à travers l'Océan Atlantique) ainsi que celui vers l’Orient (Chine et Inde), les Européens misent sur la création de compagnies de commerce (def). De cette façon, les bourgeois peuvent financer des campagnes maritimes, ils deviennent des armateurs (def).
De nombreux produits exotiques sont ramenés en Europe comme :
- d’Asie, le thé, les soieries, les cotonnades (indiennes), les épices.
- des Antilles, le sucre, le café, le cacao, le tabac, l’indigo (teinture bleue), le rhum. La production de ces marchandises nécessite le travail forcé des esclaves déportés d’Afrique. Les armateurs organisent des campagnes spécifiques qui sont qualifiées de négrières.
- du Canada, les fourrures et la morue.
Les Européens consomment peu à peu ces nouveaux produits même si leur prix les réserve aux classes sociales les plus aisées comme la noblesse ou la bourgeoisie. La vente de ces nouveaux produits enrichit les bourgeois qui tiennent à le montrer en construisant des hôtels particuliers et en adoptant de nouveaux goûts (café, chocolat, thé). De ce fait, les villes se transforment et s’embellissent avec de grandes places. Les grands ports atlantiques comme Bordeaux, la Rochelle, Nantes, Bristol s’enrichissent grâce à la pratique de la Traite négrière.
II) Le fonctionnement de la Traite négrière
Ce système fonctionne donc grâce à la Traite négrière, c’est-à-dire l’achat de captifs africains qui sont ensuite exploités dans une plantation (def) dans les colonies (def). Les armateurs financent des campagnes négrières, c’est-à-dire l’envoi d’un navire négrier aux soutes chargées de fusils ou de tissus pour acheter les captifs dans les comptoirs. Lorsque le navire part d’Europe pour se rendre en Afrique puis en Amérique, on parle de commerce triangulaire.
Les captifs sont des prisonniers de guerre que des chefs africains revendent aux Européens. Les Européens se sont insérés dans un marché qui existe depuis l’Antiquité : ils n’ont pas inventé l’esclavage en Afrique mais ils sont responsables de son augmentation au cours de l’époque moderne.
Après une traversée dans des conditions déplorables (enchaînés et sans guère d’hygiène, les captifs sont vendus dans des marchés aux esclaves par lots puis envoyés dans la plantation de leur maître. Les familles sont séparées. Les esclaves travaillent ensuite dans les champs sous l’autorité des contremaîtres ou dans la maison du maître. Ils sont maltraités et considérés comme des objets, le corps d’un esclave ne lui appartient pas. Le Code Noir (1685) encadre les pratiques des maîtres. Ce texte qui est conforme à l’esprit du XVIIIe siècle nous parait désormais très cruel et inhumain.
Au cours du XVIIIe siècle, les abolitionnistes (def) s’élèvent pour dénoncer l’esclavage. En France, l’esclavage est aboli en 1794 lors de la Révolution française puis rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802. Les esclaves de Saint-Domingue se révoltent et sous la conduite de Toussaint Louverture, un ancien esclave, ils proclament l’indépendance de l’île sous le nom de Haïti en 1804.
L’esclavage est définitivement aboli en 1848 par Victor Schœlcher durant la Deuxième République . Cela s’explique surtout par des raisons économiques : le sucre de betterave est moins cher que le sucre de canne.
Pour se souvenir de cette période, des musées sont construits en Europe dans les anciens ports négriers comme Nantes, La Rochelle ou Bordeaux ainsi que dans les Ultramarins comme le montre Mémorial en Guadeloupe ainsi que la conservation des vestiges des plantations.
Enfin, il ne faut pas oublier que les Arabes aussi ont pratiqué la traite négrière : ils ont acheté
des esclaves en Europe de l’est au Moyen Age (des Slaves) puis en Afrique.
La mémoire de l’esclavage est
célébrée le 10 mai, depuis 2001, l'esclavage est reconnu comme un crime contre l'Humanité par la Loi Taubira. De nos
jours, il faut rester vigilant pour éviter que la pratique de l’esclavage ne
soit gommée au nom du respect des populations actuelles car l'esclavage a laissé beaucoup de traces dans nos sociétés contemporaines comme la persistance du racisme.

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